lundi 5 avril 2021

LES CHRONIQUES DE l'ARF n°4 : CLAUDE PELVILAIN, UN CURE PAS ORDINAIRE (1754-1808)

 

CLAUDE PELVILAIN, UN CURE PAS ORDINAIRE    1754 - 1808

Le dernier curé de l’Ancien Régime à Ferrières, de 1789 à 1794

Par Françoise Souchet et François Petit

 

Claude Pelvilain naît le 4 janvier 1754 à Montargis. Il est le quatrième d’une fratrie de cinq. Le père, Pierre Pelvilain, maréchal, est originaire de Normandie, et le grand-père maternel, Pierre Moranville, menuisier-tourneur, de Picardie. Tous deux au cours de leur compagnonnage, ont fait étape à Montargis, s’y sont fixés et y ont fait souche. Mais leur relationnel est encore réduit : les parrains et marraines des enfants sont pris dans la famille proche ou chez les notables pour lesquels c es artisans travaillent, notamment les maîtres de poste[1].

A la mort en bas âge des deux aînés, Claude devient le cadet des garçons, devant une petite sœur, Louise, née en 1757. Quand leur père décède en 1767, les enfants sont encore jeunes. Le fils aîné, Nicolas Pierre, succède à son père et devient maître maréchal. Louise épouse un maréchal originaire de la région parisienne installé à Montargis, et Claude est dirigé vers l’état ecclésiastique. On ne peut savoir si sa vocation est réelle ou si c’est une façon d’accéder à un statut social conséquent.

Montargis faisant partie de l’archidiocèse de Sens jusqu’à la Révolution, Claude poursuit vraisemblablement ses études au séminaire de Sens[2]. A son installation à Ferrières, il se définit comme « presbyter senonensis è monte argo ortus » (prêtre de Sens né à Montargis)

Claude Pelvilain est d’abord nommé vicaire à Triguères auprès du curé Taillandier en 1779 (premier acte le 26 janvier 1779, dernier acte le 25 avril 1789). Il y reste dix ans.

Pelvilain curé de ferrières

Nommé curé à Ferrières en 1789, il signe son premier acte le 6 avril 1789, 1er jour de la Semaine Sainte. Il passe cette semaine-là entre Ferrières et Triguères, où il administre encore deux baptêmes le Vendredi Saint.

Il succède au curé Pierre Lemaire décédé et enterré à Ferrières le 31 décembre 1788, après vraisemblablement une longue maladie car c’est son vicaire Trollé qui enregistre tous les actes de 1788 et ceux de 1789 jusqu’à l’arrivée du nouveau curé.

Entre ses premiers actes et sa nomination effective du 1er juillet 1789, il tient à affirmer sa présence à Ferrières en signant successivement :

            6 avril 1789 : « Pelvilain nommé à la cure de Ferrières » ;

14 avril 1789 : « Pelvilain prêtre » ;


Puis jusqu’au 1er juillet 1789 :  « Pelvilain nommé curé ».

Son écriture est élégante et sa signature discrète, contrairement à certains de ses collègues qui n’hésitent pas à utiliser largement la page du registre.

Les ecclésiastiques à cette époque prennent leurs fonctions au 1er juillet. Pelvilain note donc dans les actes souscrits par son vicaire Trollé entre le 1er et le 6 juillet 1789 :

            « Ego infra scriptus Ecclesiae Parochialis sancti Eligii vulgo de ferrieres possessionem adeptus sum die prima julii anno domini millesimo septingentesimo octogesimo nono »

« Claudius Pelvilain - Presbiter senonensis - è monte argo ortus »

« Moi soussigné j’ai obtenu la possession de l’église paroissiale de St Eloi le   « 1er juillet de l’année du Seigneur mil sept cent quatre-vingt-neuf.

« Claude Pelvilain prêtre de Sens, né à Montargis ».

Il signe dorénavant « Pelvilain curé « et ce jusqu’au 3 décembre 1792, date de la clôture des registres paroissiaux au profit de l’état civil municipal.

Il partage avec ses quatre vicaires successifs l’organisation de la vie paroissiale, chacun prenant sa part de travail sans que le curé ne se réserve systématiquement les actes concernant les notables.

Ce sont :

o   Le vicaire Trollé, déjà à Ferrières pour l’année 1789 et l’année 1790 jusqu’en juillet (dernier acte le 4 juin 1790) ;

o   Le vicaire Boulanger de juillet 1790 à juillet 1791 (dernier acte le 6 juin 1791) ;

o   Le vicaire Frégé de juillet 1791 à juillet 1792 (dernier acte le 15 juillet 1792) ;

o   Le vicaire Gravot, le dernier, à partir de juillet 1792 (dernier acte le 7 octobre 1792).

L’année 1792 est aussi une année importante pour le curé et son vicaire car, conformément aux souhaits de la municipalité en 1790, l’église St Eloi a été échangée contre l’abbatiale St Pierre-St Paul, plus centrale pour les paroissiens. L’église St Eloi, abandonnée, est devenu bien national à vendre. Le curé note ainsi « le 17 mai 1792, j’ai baptisé pour la 1ère fois dans l’église St Pierre. ».

En fait, depuis le départ des moines de l’abbaye en 1790, l’église St Pierre avait été « annexée » par la paroisse. C’est ainsi que le 25 avril 1792, Mg de Jarente, évêque d’Orléans y était venu donner la confirmation aux paroissiens réunis de Ferrières, Fontenay, Dordives, Chevannes Nargis et Préfontaines, sans parler des fêtes patriotiques où le point de départ des festivités est l’abbatiale.

Pelvilain et la Révolution

§     °  Pelvilain, curé jureur

Le 12 juillet 1790,l’Assemblée constituante vote la constitution civile du clergé. On a affaire à une nouvelle Eglise, condamnée par le pape Pie VI le 10 mars 1791, Il va alors y avoir en France deux clergés : le clergé réfractaire, fidèle au Pape, qui sera pourchassé par les autorités, et le clergé constitutionnel qui accepte la nouvelle loi et doit prêter serment (un dimanche avant la grand-messe)[3].

Dans le département du Loiret dont Ferrières fait désormais partie, l’évêque, Mg de Jarente et 90 % de ses prêtres obéissent à la loi. Pelvilain devient ce qu’on a appelé un « prêtre jureur » ; son vicaire Trollé également.

§         Pelvilain " patriote "

Indépendamment de leurs activités sacerdotales, les curés jureurs se doivent d’être la « courroie de transmission » du nouveau régime. A Ferrières, le « sieur curé » est tenu de transmettre au prône de la messe dominicale les instructions communales reçues du district de Montargis. Il est aussi « prié » de participer aux manifestations patriotiques organisées ou d’y assister.

o   °Le 28 février 1790 à l’assemblée générale des Ferrièrois dans l’église paroissiale St Eloi, assemblée qu’il a annoncée au prône du dimanche précédent ; le maire Joseph Leboeuf, les officiers municipaux, le procureur de la commune, la milice nationale ferriéroise en armes et de nombreux citoyens y prêtent le serment civique :

« Je jure d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution donnée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi »

Pelvilain jure, ainsi que son vicaire Trollé, Dom Leclerc, prieur de l’abbaye et dom Delaforge, son procureur.

A l’issue de la cérémonie, notre curé entonne le Te Deum « en action de grâce de la Constitution qui régénère la France et assure le Bonheur Commun », selon les mots du maire.

o  ° Le dimanche 12 juillet 1790, il fait la lecture de la convocation à élire les Ferriérois collecteurs de la taille.

o  ° Le mardi 14 juillet 1790, lors de la tenue de l’assemblée générale des habitants dans l’église St Eloi, il chante un Te deum et une messe pour « célébrer l’anniversaire de la conquête de la liberté et remercier le Seigneur de notre heureuse Révolution qui attache tous les Français les uns aux autres et n’en fait qu’une société d’amis »,  toujours selon les mots du maire.

o   °Le 14 juillet 1791, il y a une cérémonie solennelle au champ St Macé rebaptisé « champ de Mars », où a été dressé un autel à la Patrie. Y sont invités le juge de paix et ses assesseurs ainsi que le curé qui avait annoncé cette fête le dimanche d’avant au prône. Une procession part de l’église St Pierre ; le service est assuré par l’abbé Gandouin, aumônier de la Garde nationale qui célèbre la messe et entonne le Te Deum. Tous y renouvellent le serment civique, y compris Pelvilain.

o   °Le dimanche 24 juillet 1791, les officiers municipaux et Brigaux le maire ont décrété qu’à partir du prochain dimanche « toute personne en veste, grande culotte[4] et sabots ne pourrait point entrer dans le chœur de l’église pendant l’office. Pareille défense est faite aux enfants qui n’ont point fait encore leur première communion »… « Monsieur le curé de cette paroisse serait prié de faire la lecture du présent arrêté en l’église » ajoutent-ils. Le curé aurait-il montré quelques réticences à se faire le porte-parole des éminents représentants de la nation ?

o   °Le 3 novembre 1791, Pelvilain signe le procès-verbal des « pesées, prisées et estimations… des reliques et reliquaires de la sacristie de l’église St Pierre des ci-devant bénédictins de cette ville ». Le métal sera fondu et transformé en numéraire.

Les événements se précipitent. Le roi a voulu fuir le 21 juin 1791[5], on le ramène à Paris aux Tuileries et bientôt vont naître les comités de surveillance ; les bataillons de volontaires nationaux sont créés depuis le 15 juin 1791.

Les années sombres se profilent à l’horizon, mais Ferrières n’est pas Paris ! ni même Montargis !

1792 est l’année des arbres de la liberté.

o  ° Le 19 août, une grande procession quitte l’église St Pierre pour aller place du Martroi où l’arbre a été planté, conduite par dom Delaforge « ci-devant religieux bénédictin de notre ville et aumônier de ladite Garde nationale » Notre curé fait partie de la procession et prête le serment républicain. Il appose sa signature sur le registre.

o  ° Le 6 septembre 1792, Pelvilain se rend à l’église St Eloy avec Thomas Bordier, l’ancien marguillier, pour y rencontrer la municipalité et le serrurier Morizot chargé de récupérer tout le fer que contient l’église. On en pèse 103 livres. On en fera des piques pour les patriotes (100 avaient été prévues).

o   °Le 14 octobre 1792, un dimanche, les citoyens dont Pelvilain et son vicaire Etienne Gravot témoignent encore de leur attitude patriotique. En effet, le roi a été arrêté le 10 août, et une nouvelle assemblée, la Convention, a vu le jour avec la proclamation le 22 septembre de la République. Un nouveau serment doit être prêté au cours d’une cérémonie solennelle où tous jurent de « maintenir de tout leur pouvoir la liberté et l’égalité, la sûreté des personnes et des propriétés, et de mourir s’il le faut pour l’application de la Loi ».

On suit encore pour 1793 les activités de notre « curé patriote ». Il transmet aux prônes les avis régissant la vie communautaire : ban de vendanges, grappillage et divagation des animaux dans les vignes, répression des divers délits commis dans la forêt et les bois communaux.

Il doit aussi se faire l’écho des décisions révolutionnaires. Il annonce la réunion du 22 septembre pour la constitution du comité de surveillance de Ferrières, et pour les réquisitions de chevaux nécessaires aux armées en campagne, au recensement des grains destinés aux hommes (froment) et aux chevaux (avoine).

Comme les curés ne peuvent pas faire partie des équipes municipales, Pelvilain s’occupe entre autres de la « Société populaire », organisme d’inspiration jacobine destiné à « épauler » les municipalités. On y répartit les sommes allouées aux familles des volontaires, on y délivre des certificats de civisme.

Ferrières, même chef-lieu de canton, dépend du district de Montargis où siègent de zélés patriotes, commis tout dévoués aux représentants siégeant à Orléans. Montargis donc « veille au grain ». L’un des Montargois, le dénommé Pignon[6], se montre plutôt tyrannique. Il voit d’un mauvais œil Pelvilain dire la messe au pied de l’arbre de la liberté. Il en trouve « la pratique inconvenante » et le 2 octobre 1793 il se permet de réunir les Ferriérois pour leur demander s’ils sont satisfaits de leur conseil municipal, de leur curé et de son vicaire, et du brigadier de gendarmerie. ! Ouf, tous sont de bons patriotes, en particulier notre Pelvilain qui le 24 septembre avait assisté à la saisie de l’argenterie des églises et de la fabrique et l’avait apportée à Montargis, assisté de trois « commissaires de la République » ferriérois nommés pour l’occasion.

Cependant le 10 novembre 1793 (20 brumaire an 2 de la République), est institué le culte de la Raison et de l’Etre suprême. Les églises sont fermées mais Pelvilain, en tant que curé assermenté, touche encore son traitement et habite encore au presbytère, rue des charrières.

Cependant la roue tourne…

 Pelvilain marié

L’année 1794 marque un tournant dans la vie de Pelvilain. C’est l’heure des choix.

Le 26 février 1794 (8 ventôse an 2), il rend ses lettres de prêtrise au conseil municipal et renonce à l’état de prêtre.

Le 5 mars 1794 (15 ventôse an 2), il indique qu’il quitte le « ci-devant presbytère » à compter du 1er floréal (30 avril). Il a décidé de se marier. Il a 40 ans, il est encore jeune. Son choix se porte sur Louise Eugénie Jacquemain-Duboutoir[7], la propre fille de la propriétaire des bâtiments de l’abbaye, acquis en mars 1792 comme biens nationaux. Elle vient de divorcer (c’est la première à Ferrières[8]) le 5 floréal d’un mari qu’elle a épousé à 17 ans[9] et dont elle est séparée depuis six ans. Le mariage a lieu le 9 floréal an 2 (8 mai 1794), trois jours après. On ne perd pas de temps !

Une petite Claudine[10] naîtra de cette union le 23 février 1795 (5 ventôse an 3), et un petit garçon Stanislas Achille[11] le 8 mai 1801 (9 floréal an 9).

Désormais débarrassé des contraintes liées à l’état ecclésiastique, Pelvilain peut enfin être membre du conseil municipal de Ferrières ; les sociétés populaires ont été dissoutes le 6 fructidor an 2 (28 aout 1794) ; le 28 vendémiaire an 3 (18 octobre 1794), les allocations au clergé assermenté sont supprimées par mesure d’économie.

Pelvilain, comme autrefois quand il était curé, tient les registres de l’état civil conjointement avec ses collègues Gastellier, Duchesne et Chartier jusqu’en 1801. En 1795, il est adjoint au maire, en 1797-98, il est commissaire du gouvernement, vérifie et paraphe les tables des registres, et le 5 octobre 1800 (13 brumaire an 9), il dresse un acte de mariage en temps que maire de la commune.

Divorce de Louise Eugénie Jacquemain-Duboutoir et son mariage avec Claude Pelvilain

 



 

 



 


 

 



A partir de mars 1801, on n’a plus trace de lui à Ferrières. Le maire est Sylvestre Delon.

C’est que Pelvilain est parti à Montargis où il habite désormais, en tant qu’administrateur de l’hôtel-Dieu de la ville. Il y réside (c’est l’ancien couvent des visitandines récupéré à la révolution), y reçoit à toute heure les nouveau-nés abandonnés et exposés, consigne leur arrivée dans le registre d’état civil de la ville ainsi que les décès survenus dans cet établissement. Il en devient vite l’économe et devient aussi marguillier[12]. Il décède le 12 avril 1808 à 7h du matin. A noter que celui qui déclare son décès n’est autre que son ancien collègue de Ferrières, Laurent Duchesne, devenu le secrétaire du sous-préfet de Montargis.

Sa veuve mourra beaucoup plus tard, le 27 février 1838 à Ferrières.

Quelle belle carrière pour le fils d’un maréchal-ferrant !

L'abbé Crespin classe Pelvilain parmi les prêtres les plus calamiteux de la période. Cette appréciation peut s'expliquer du point de vue de l'Eglise catholique, mais ne peut-on pas penser plutôt que Pelvilain, avec son opportunisme pragmatique et grâce à ses relations montargoise bien entretenues, a su protéger Ferrières des ardeurs de la Terreur révolutionnaire qui s'est déchainée à Montargis et dans d'autres lieux du Gâtinais ? C’est d’ailleurs à Ferrières que son beau-frère Stanislas Jacquemain-Duboutoir et d’autres viendront se réfugier et se faire oublier après la chute de Robespierre.

 

Décès de Claude Pelvilain



 

 

 

Sources et bibliographie :

-       Archives municipales de Ferrières-en-Gâtinais, Etat civil numérisé du Loiret et de l’Eure.

-       Abbé Crespin, Histoire religieuse de Montargis et du Gâtinais, éd. de l’Ecluse.

-       Gaston Leloup, « Journal des acteurs célèbres du théâtre tragique du district de Montargis », Bulletin trimestriel des travaux de la Société d’ Emulation de l’arrondissement de Montargis – SEM – N° 70, mars 1986.

-       Abbé Michel Gand, « Le clergé du diocèse d’Orléans face à la persécution révolutionnaire , 1791-1795, Bulletin Hors-Série de la Société archéologique et historique d’Orléans, 1978.

-       René Lebert, secrétaire de mairie à Ferrières de 1919 à 1950, qui se contente d'un bref aperçu dans un travail manuscrit concernant l'église paroissiale St Eloi, transcrit par Jacques Billard dans la revue de la Société d’Emulation de Montargis N° 109, janvier 1999.

-       De même, l’abbé Jarrossay ne fait qu’évoquer le nom de Pelvilain dans l’épilogue de son Histoire d’une abbaye à travers les siècles, éd. ARF.



[1] Au mariage de Pierre Pelvilain, sa mère est représentée par Luc Petit, Maître de la poste aux chevaux de Montargis. Le parrain de Claude est Claude Petit qui a succédé à son père Luc comme maître de poste.

[2] Le séminaire de Sens est aujourd’hui le collège Montpezat au centre-ville.

[4] Grande culotte veut dire pantalon (le mot n’existait pas encore), autrement dit « sans culotte ».

[5] Hasard de l’histoire : l’un des principaux concepteurs de la fuite du roi était Mgr d’Agoult, évêque de Pamiers…et le dernier abbé commendataire de Ferrières.

[6] Il s’agit certainement de Charles Narcisse Pignon, ancien prêtre, représentant le délégué de la Convention à Orléans Laplanche, et qui notamment enverra à la guillotine Joseph Didier Voillerault, le curé jureur de Montargis (Gaston Leloup, Bulletin trimestriel des travaux de la Société d’Emulation de l’arrondissement de Montargis – SEM – N° 70, mars 1986). L’Abbé Michel Gand dans le bulletin Hors-Série de 1978 de la Société archéologique et historique d’Orléans le prénomme par moment et par erreur Joseph, mais bien Charles Narcisse Pignon dans sa liste des prêtres du diocèse s’étant mariés.

[7] Née le 17 février 1767, Louise Eugénie Jacquemain-Duboutoir descend par son père d’une longue lignée d’hommes de loi ferriérois et notamment de Jehan Jacquemain, le fondateur de l’hospice de Ferrières et de Pierre Stanislas Jacquemain-Duboutoir son grand-père, ancien Maire de Montargis ; par sa grand-mère paternelle elle est de la famille Durzy de Montargis, et par sa mère appartient aux grandes familles des tanneurs ferriérois, les Bordier et les Barbier. Son frère Stanislas était un des membres les plus actifs du comité révolutionnaire de Montargis. Ce fut un mariage particulièrement prestigieux !

[8] Le divorce a été autorisé le 20 septembre 1792. Un premier divorce avait eu lieu à Ferrières le 25 décembre 1792, mais il s’agissait de régulariser la situation d’un homme dont la femme avait disparu depuis 8 ans.

[9] Jean-Louis Chamaillard de Courbassy, avec lequel elle a eu deux enfants morts en bas âge.

[10] Elle épousera à Ferrières le 4 aout 1807 Louis Hector de Guyenne, épicier à Paris.

[11] Il deviendra à Paris un militant républicain actif, combattant de la Révolution de juillet 1830, et qui sera notamment suspecté et arrêté après l’attentat du 19 novembre 1832 contre Louis-Philippe dit le « coup de pistolet » (Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier Le Maitron) .

[12] Abbé Crespin, Histoire religieuse de Montargis et du Gâtinais.

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