mercredi 1 mai 2019

STATUE DE SAINT ELOI ABBATIALE SAINT PIERRE ET SAINT PAUL FERRIERES-EN-GATINAIS (LOIRET)


STATUE DE SAINT ELOI





Considérée comme la statue de St Aldric, abbé de Ferrières au IXème siècle, cette œuvre peut évoquer un autre saint : Saint Eloi. Sculptée fin XVème début XVIème, sa restauration a permis de déceler deux fers à cheval à l’intérieur de la manche gauche (côté de la crosse).

Statue de St Eloi après restauration
 
Détail de la manche
 
 Traditionnellement des outils précis traduisent l’activité de ce saint patron : enclume, marteau, tenaille, fer à cheval. Il est représenté tantôt en artisan (ex. au musée de Toul), tantôt en évêque (ex. à Troyes). L’allure majestueuse de cet évêque est renforcée par la qualité de ses vêtements et leurs ornements : traces de grenade, de feuilles de vigne, motifs tissés dans les riches étoffes de cette époque. Le visage exprime l’attention, la douceur. Notons  le port des gants réservés aux évêques, la mitre précieuse qui conserve la trace de riches pierreries. Que tenait-il dans sa main droite cassée ; marteau ou geste de bénédiction ? Au bas de la chasuble, une grande fleur de lis apparaît, symbole du pouvoir royal. Cet élément signifie la reconnaissance des qualités d’un conseiller apprécié de deux rois.
Ces observations nous laissent à penser que ce travail a été commandé par Louis de Blanchefort, Abbé de Ferrières de 1465 à 1505. De plus cette représentation correspond à l’histoire de l’abbaye bénédictine et à la présence de forgerons et d’orfèvres à Ferrières. Selon Dom Morin , l’église paroissiale située hors les murs, portait à l’origine le nom de Saint Amand car celui-ci aurait guéri de la cécité un ermite. Dévastée par les guerres civiles, les forgerons la restaurent à condition qu’elle soit dédiée à Saint Eloi, ce que réalisa à nouveau Louis de Blanchefort, relevant le chœur et y ajoutant deux chapelles latérales. Desservie par quinze prêtres, cette église reçut des reliques de Saint Eloi. A cette occasion, la statue y fut sans doute déposée.
Pour mémoire, rappelons rapidement l’histoire de ce saint. Né vers 588 dans le Limousin, région riche en mines d’or, Eloi entre jeune dans un atelier monastique fournissant la monnaie royale. Il suit également les offices religieux. Très habile, il est présenté au trésorier du roi Clothaire II, le père de Dagobert. Pour le mettre à l’épreuve, de l’or lui est confié afin d’exécuter un trône royal, et il réussit à en fabriquer deux. Il est alors admis à la Cour. Plus tard, Dagobert, devenu roi en 629, fait d’Eloi son monétaire attaché au Palais. Il y continue le travail d’orfèvrerie tout en se livrant à la prière et à la lecture des textes sacrés. A la mort de Dagobert, son fils Clovis II le maintient à ce poste, puis en 640, il quitte la Cour et entre dans la cléricature. Un an plus tard, il est nommé évêque de Noyon, comprenant outre son diocèse, la Flandre et la région de Gand. Il voyage dans tout le royaume, se fatigue, et meurt en 660.    J. Bonnefoy- Mars 2013

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