mercredi 31 mai 2017

CHAPELLE NOTRE DAME DE BETHLEEM ( Guide visiteurs)


CHAPELLE NOTRE DAME DE BETHLEEM

 

COUPS D’OEIL A L’EXTERIEUR

 

Située près de l’abbatiale et dans l’enceinte de l’abbaye, elle tire son nom d’une apparition de la Nativité, fin du IIIe siècle ou début IVe, une nuit de Noël, à trois missionnaires chrétiens (Potentien, Savinien et Altin) venus de Sens évangéliser la partie orientale du Gâtinais où se trouvait à Ferrières un établissement de traitement du minerai de fer local. « C’est un nouveau Bethléem » se serait écrié Savinien, d’où la construction à cet endroit d’un oratoire dédié à la Vierge Marie. Son sol primitif a été retrouvé au XIXe siècle lors de la pose du chauffage, attestant, avec sa couche de cendres jonchée d’ossements calcinés, le sort tragique des villageois réfugiés dans cette petite église, au moment du passage des troupes d’Attila au Ve siècle.
Très endommagée en 1427 lorsque les Anglais ont quitté la ville en y mettant le feu, restaurée par l’abbé de Blanchefort (1465-1505) elle conserve cependant son abside romane dont on remarque les trois baies occultées et des modillons sculptés.

 

Au sud, des parties plus anciennes sont difficilement datables.

Bâtie avec les matériaux locaux (silex, grès, petits moellons calcaires et pierre de Souppes) elle a une apparence très rurale.

Un clocheton modeste remplace depuis 1840 la tour-clocher préromane écroulée en janvier 1839. Quelques pierres sculptées ont été réemployées quand la partie endommagée a été reconstruite : quatre masques joufflus et l’inscription   de la porte latérale.

Coup d'œil à l'intérieur 

On pénètre dans la chapelle par une porte latérale édifiée au moment de la reconstruction de 1840. L’inscription latine établie au XVIIe siècle par DOM MORIN, grand prieur de l’abbaye, sous une statuette moderne de la vierge à l’enfant, indique qui est la maîtresse des lieux : « N’entre pas sans avoir salué l’hôtesse ».
A droite, en entrant, on butte sur un bénitier du XVIIe siècle et on remarque tout de suite les colonnes de la tribune en bois, de 1840, qui surplombe la grande entrée et les bancs d’oeuvre venant de l’ancienne église paroissiale St Eloi vendue à la Révolution et échangée avec l’église abbatiale.

Notre Dame est sombre, avec seulement deux grandes verrières fin XVe sur les murs sud et nord. Les boiseries qui courent sur les murs proviennent de l’église St Eloi et la charpente en bois reconstruite après la guerre de Cent ans par Blanchefort, a été restaurée au XIXe siècle. L’arc triomphal préroman qui délimite le chœur, s’appuie sur deux piliers massifs plus anciens couronnés de chapiteaux. Les chapelles latérales édifiées par DOM MORIN pour que Notre Dame ait l’air d’une église, et consacrées en 1621, sont dédiées à droite à St Roch et à St Sébastien, deux saints invoqués dans la religion contre les pestes de toutes sortes, et à gauche au Saint Esprit. Cette dernière abrite les fonds baptismaux, le confessionnal, la plaque tombale de DOM MORIN et les tombes de quelques notables du lieu.
Les vitraux représentent dans le chœur, à gauche Clovis et Clotilde dont la tradition en fait les fondateurs de l’abbaye, à droite, le pape Grégoire le Grand et Louis XIII initiateurs, chacun à leur époque, de la confrérie de Notre Dame. Les vitraux des chapelles latérales illustrent la Pentecôte et la Nativité.
Vierge à l'enfant Jésus
 

Quelques tableaux du XIXe siècle ornent les murs, ainsi qu’un grand Christ en croix du XVIIe siècle. On accédait à la petite chaire à prêcher par un escalier pris dans l’épaisseur du mur. A côté, une plaque rappelle les festivités du couronnement de Notre Dame de Bethléem en 1898.  

 

Notre Dame de Bethléem est surtout intéressante pour le retable de 1650 installé dans l'abside. Commandé par un moine de l'abbaye, fort dévot et fortuné, pour honorer la vierge, c’est l’oeuvre du sculpteur Gilles Guérin. Cet artiste travaillait pour le Louvre et la Cour, en particulier pour la famille du prince de Condé. Ce retable comporte cinq statues de pierre : Marie et l’enfant, deux anges, Saint Savinien et Saint Potentien. Il sert d’écrin à un tableau représentant la Nativité dont la tradition rapporte qu’il a été offert en ex- voto par la reine Anne d’Autriche.
Six peintures sur toile font partie de ce retable et illustrent des scènes du Nouveau Testament. A gauche : l’apparition du Christ à Marie Madeleine ; la lapidation de Saint Etienne, la pêche miraculeuse. A droite : Jésus et la Samaritaine, Saint Paul sur le chemin de Damas, la Cananéenne.

L’ensemble a été restauré à la fin du XXe siècle et remis dans l’état primitif du XVIIe siècle, car en 1890 le clergé ferriérois avait pris des libertés en déplaçant le tableau de la Nativité et les statues de la Vierge et des anges.

La dévotion à Marie était très active et une confrérie religieuse existait dès le Moyen- Age. Remise en route par Dom Morin et Louis XIII après les désordres protestants, elle existe toujours. On venait aussi en pèlerinage invoquer Marie. On en a, pour l’Ancien Régime, les dates régulières de 1615 à 1790. Les pèlerins y demandaient la pluie et on y portait les enfants mort-nés car Notre Dame de Bethléem était un « sanctuaire à répit ». Des miracles étaient consignés soigneusement par le clergé. Le pèlerinage existe toujours mais reste local, début septembre. La statue honorée se tient dans une niche, à droite du choeur. Depuis son couronnement solennel de 1898, elle est cachée par un lourd manteau de velours bleu. La statue actuelle date de la fin du XVe siècle, elle est en chêne.

Marie porte l’enfant sur son bras droit, celui-ci n’est vêtu que d’une petite chemise. L’ensemble ne mesure pas plus de 40 cm.
On ne sait pas comment était la statue du Moyen -Age, probablement brûlée à la guerre de Cent ans. Celle du XVe a eu plus de chance ; une bonne âme l’a cachée pendant la Révolution et remise à l’église après la tourmente.

Notre Dame de Bethléem sert pour le culte. On y célèbre les offices pendant l’hiver et les enterrements toute l’année. 

Document: Paroisse de FERRIERES/ARF/OFFICE DES 4VALLEES- PHOTOS ARF 

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